Sur le toit d’une maison kasséna, une jeune femme mêle l’argile et l’eau, patouille, gribouille, explore le chemin des premières traces. En se réappropriant ces gestes ancestraux, elle remet ses pas dans ceux des tout‑petits qui jouent dans la terre, découvrent la matière et le dessin avec tout leur corps. À ses côtés, une musicienne accompagne chaque geste au doux son du kamélé n’goni et de la voix, tissant un écrin sonore qui fait vibrer la scène comme une cour africaine. Ensemble, elles ébauchent les motifs qui viendront égayer les murs de leurs maisons, et voyagent au plus près des racines de l’humanité. Tiébélé fait écho aux magnifiques empreintes laissées sur les maisons par les femmes d’un village du Burkina Faso : un spectacle qui allie plastique et poésie, terre et chant, matière organique et matériau sensible, en reliant les gestes de ces femmes africaines aux premières traces laissées par les tout‑petits.